Label « Ecoquartier », nouvelle étape vers la ville durable?

Label EcoquartierDécembre 2012, le Ministère de l’Ecologie dévoile son tant attendu label « écoquartier ». Pour rappel il a organisé, en 2009 et 2011, deux éditions du concours « Ecoquartier » qui ont suscité beaucoup d’enthousiasme auprès des collectivités locales porteuses de projet, 160 dossiers avaient été soumis lors de la 1ére édition et 393 dossiers lors de la 2éme. Les dossiers parvenus au Ministère constituaient autant d’études de cas qui ont alimenté la réflexion pour concevoir le futur label.

Pour compléter la démarche et afin de tester le label sur des cas réels (probablement des membres du club écoquartier), et de faire les ajustements nécessaires avant publication officielle, un appel à projets a été lancé durant l’année 2012.

Une première lecture du dossier de labellisation en fait ressortir un document clair et concis facilitant la mise en œuvre d’un processus complexe. Il évoque les différents objectifs (engagements) que doit poursuivre un écoquartier et détaille la procédure d’attribution du label. L’existence de ce label soulève cependant quelques questions sur les écoquartiers en France, la stratégie de généralisation du phénomène et plus généralement sur la ville durable.

La teneur du dossier de labellisation …

Le dossier de labellisation (téléchargeable depuis ce site) se décompose en 3 parties :

  1. le recueil de données sur la collectivité et l’écoquartier. Cette étape permet de contextualiser le projet et de renseigner les données sur le territoire (informations géographiques, démographiques, politiques, administratives). Elle permet également de dresser une carte d’identité du projet et ses modalités opérationnelles (nom de l’opération, superficie, surface de plancher, surface des espaces verts, portage, MOA, partenaires, …). Effectué en phase amont, cette étape fait état du projet tel qu’il a été défini et projeté.
  2. la remise d’un dossier de présentation libre du projet, suivi d’une description de « 24H de la vie d’un écoquartier ».
  3. une évaluation (quantitative et qualitative) reposant sur 20 engagements et dénombrant 20 critères d’évaluation et 20 indicateurs chiffrés. Les indicateurs chiffrés sont calculés automatiquement en fonction des informations préalablement définis à l’étape 1. Les évaluations sont faites par des experts et sont notées sur une échelle de 1 à 3 en fonction des réponses apportées par les candidats aux différentes questions. Des données qualitatives sont fournies par la collectivité sur les différentes notions proposées par le label.

… et sa mise en œuvre

L’obtention du label s’effectue en 3 étapes clés :

  1. En phase amont, la signature de la Charte écoquartier est un pré-requis à la labellisation. Elle traduit l’engagement de la collectivité porteuse du projet dans sa démarche de développement durable.
  2. La soumission du dossier à la « Démarche nationale EcoQuartier ». Après signature, la collectivité peut choisir un accompagnement (gratuit) technique et méthodologique des services déconcentrés de l’Etat pour l’appuyer dans l’élaboration de son projet. Une fois le projet arrêté, elle peut soumettre son dossier d’admission à la démarche nationale.
  3. L’attribution du label. Le label ne peut être obtenu que lorsqu’au « moins 50 % des espaces et équipements publics et  30 % des bâtiments » sont livrés, si l’avis rendus par les auditeurs est positif.

Une triple expertise sera conduite lors de l’admission à la démarche (étape 2) et de l’attribution du label (étape 3). Sauf erreur de ma part, il n’est pas précisé si cette expertise est effectuée par 3 instances distinctes et ce point est à éclaircir.

La grille d’évaluation utilisée pour l’attribution du label est la même que celle remplie lors de la première remise du dossier. Elle est, à ce stade, évaluée non plus en fonction des objectifs mais des résultats.

Il est à noter qu’entre l’étape 2 et l’étape 3, un accompagnement est proposé pour permettre un suivi annuel de l’opération et assurer la mise en œuvre des objectifs.

Un référentiel d’indicateurs simple

Le ministère a fait le choix de retenir des indicateurs chiffrés en nombre restreint. Qui plus est, il sont simples et peu discutables (ex : % de logements sociaux, nombre de places de stationnement/logement, % de chaleur produite par EnR, …). Les critères d’évaluation plus subjectifs sont soumis à l’intelligence des experts qui analyseront les dossiers. Ce choix paraît très judicieux à condition que les services de l’état (ou ses partenaires) soient en mesure d’assurer l’évaluation de chacun des dossiers et que les collectivités ne se cantonnent pas au strict respect des critères introduits par le label mais qu’elles prennent aussi en compte les déterminants locaux (issus du diagnostic) afin de fixer des objectifs adaptés.

20 critères et indicateurs - Label écoquartier

A de nombreux égards critiquable, l’évaluation de projets urbains durables présente plusieurs avantages directs et indirects récemment inventoriés par un article en ligne qui relate l’expérience parisienne (Jégou, Anne et al., « L’évaluation par indicateurs : un outil nécessaire d’aménagement urbain durable ? », Cybergeo : European Journal of Geography, décembre 2012), notamment une meilleure connaissance du territoire pour faciliter la prise de décision ainsi qu’une meilleure prise en compte de la temporalité du projet. L’expérience de la ville de Rennes fait part de la nécessité d’élaborer un référentiel pour partager une culture commune (aux différents services) du projet urbain durable.

Si le label Ecoquartier, bien conçu, sera assurément utile aux différents acteurs de l’aménagement, la démarche et l’existence du label même posent néanmoins des questions de fond sur les objectifs à long terme et la stratégie mise en œuvre.

Distinguer les véritables opérations du green-washing

Les projets d’écoquartiers se multiplient depuis les dernières années en France. Le terme a fait l’objet d’une appropriation rapide et le concept jouit d’une bonne image tant auprès des élus que des habitants. Certains acteurs de l’aménagement en font un usage abusif notamment afin de prévenir les oppositions ou pour faciliter l’adhésion au projet (qui, aujourd’hui, peut être hostile à un projet d’écoquartier?). Il suffit pourtant d’un rapide coup d’œil sur les objectifs de certaines opérations auto-revendiquées « écoquartier » pour comprendre qu’elle ne sont que des opérations urbaines classiques.

L’arrivée du label Ecoquartier qualifiera ces projets au regard de critères de performance pré-établis. Elle permettra de distinguer les véritables écoquartiers des opérations de green-washing, c’est d’ailleurs l’un des objectifs affichés. Mais dans les faits, elle permettra de distinguer seulement les candidats, portant au pinacle les meilleurs d’entre-eux et refusant les moins habiles. Compte-tenu de l’investissement engagé par la maîtrise d’ouvrage pour l’obtention d’un label, les non-retenus devraient être peu nombreux (et nous nous en réjouissons). Mais quid des non-candidats au label porteur de projets ambitieux? A moins que l’ensemble des projets sérieux soient soumis à labellisation, il régnera toujours un flou autour de ces opérations parmi lesquelles des bonnes et des mauvaises.

Label « Ecoquartier », le chaînon manquant de la conception urbaine durable?

Les nord-américains, anglais et japonnais ont conçu et éprouvé leur référentiel de conception et évaluation de quartiers durables il y a quelques années déjà. Respectivement, LEED ND, BREEAM Communities et CASBEE Urban Development donnent lieu à une certification. Le positionnement tardif de l’Etat français sur les écoquartiers n’est pas un problème au regard de ces référentiels internationaux mais il l’est davantage à l’échelle nationale. En effet, certains acteurs ont déjà engagé des démarches similaires ou apparentées, citons HQE Aménagement par l’association HQE, l’AEU de l’ADEME, @d aménagement durable de la région Île de France mais aussi les différents référentiels élaborés par les villes (Rennes, Paris, Montpellier, …) elles-mêmes. Notons par ailleurs, au niveau européen, la sortie concomitante du Reference Framework for European Sustainable, co-conçu par le gouvernement français. Si ces démarches contribuent à la richesse des réflexions et débats sur l’urbanisme durable, elles brouillent aussi la compréhension et la lisibilité du sujet (preuve en est, la DRIEA réalise en ce moment une enquête sur les outils et pratique de l’aménagement durable).

Dans une optique de généralisation des opérations d’urbanisme durable, l’urgence est bien de communiquer un message clair et lisible. Compte-tenu de sa portée nationale et de son portage étatique, le label Ecoquartier pourra, espérons le, contribuer à cette communication. Mais on peut s’interroger sur le choix de ne pas avoir concentré les efforts sur une démarche unique (ou des démarches resserrées).

Pour construire la ville durable, dépasser l’écoquartier?

Si le référentiel renforce le discours sur le « faire la ville différemment« , il marque paradoxalement davantage la frontière déjà palpable entre la production de quartiers durables et la production d’opérations standards. Si la collectivité engagée dans le processus de labellisation veillera à respecter les objectifs fixés, on peut supposer, à l’inverse, que les objectifs d’aménagement de la collectivité n’étant pas impliquée dans la démarche, pourraient manquer d’ambition ou être revus à la baisse les premières difficultés rencontrées. Des opérations emblématiques sortiront de terre ici et là – comme c’est déjà le cas depuis quelques années, mais en quelle proportion de la production urbaine? En d’autres termes, l’écoquartier conçu comme un objet de sacralisation permettra-il de construire la ville durable? Alors que l’écoquartier est censé être par nature innovant, l’approche normative qui se diffuse à travers les référentiels et labels à plutôt tendance à restreindre la créativité des aménageurs. L’enjeu prioritaire semble de faire de l’écoquartier un objet urbain ordinaire – le niveau zéro de l’aménagement urbain, auquel viendrait s’adjoindre des expérimentations diverses qu’elles soient techniques ou sociales, permettant ainsi de faire émerger des projets singuliers mais aussi de nouvelles pratiques urbanistiques.

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Calcul du potentiel photovoltaïque intégré au bâti d’un territoire

Comment déterminer le potentiel de production d’électricité photovoltaïque sur un territoire donné à l’aide d’un SIG? C’est à cette question que nous avons essayé de répondre en développant une méthodologie propre basée sur des données spatiales accessibles et des logiciels libres (évidemment // QGIS, GRASS, les librairies spatiales gdal, geotools et opencarto).

Panneaux photovoltaïques

Installation photovoltaïque en Toscane

Nous ne traiterons pas ici des installations au sol mais seulement des installations intégrées en toiture des surfaces bâties. Par ailleurs, les intégrations PV en façade existent mais sont encore marginales.

Connaissances pré-requises

La production d’une installation PV est déterminée par plusieurs facteurs :

  • les radiations solaires annuelles reçues (qui varient géographiquement et localement) ;
  • l’orientation des panneaux (donc ici du toit) ;
  • la surface couverte ;
  • les technologies utilisées (silicium mono-cristallin, silicium poly-cristallin, silicium amorphe) aux rendements nuancés.

 La méthode

Remarque : Vous ne trouverez pas ici les détails techniques de la procédure complète mais les grandes lignes méthodologiques. Si vous souhaitez obtenir ces renseignements, contactez-nous.

1 – La préparation des données SIG

La première étape consiste à préparer sa couche de données du cadre bâti. La BD TOPO de l’IGN contient plusieurs couches qu’il convient de fusionner avant d’obtenir une couche d’ensemble et à laquelle il faut exclure les monuments classés et ses zones tampons de protection, le cas échéant. D’autres exclusions peuvent/doivent être effectuées notamment celles qui concernent certains sites remarquables.

2- Déterminer l’orientation générale des bâtiments

La seconde étape consiste à déterminer l’orientation générale de chaque bâtiment contenu dans la couche SIG. L’obtention d’un degré d’orientation nous permet de distribuer facilement chaque bâtiment en 5 classes : Est, Sud-Est, Sud, Sud-Ouest, Ouest pour déterminer un facteur de correction de production, comme illustré dans la figure ci-dessous (source : HESPUL).

Facteurs Photovoltaïque

Facteurs de correction de production photovoltaïque (source : HESPUL)

3 – Déterminer les zones d’exclusion des radiations globales – traitement spatial)

Nous souhaitons ici supprimer les surfaces de toit non rentable, c’est à dire où les radiations globales sont trop faibles (les zones d’ombres).

Deux options s’offrent à nous :

a) la première consiste à calculer les radiations globales reçues localement sur une année. Cette méthode est full-GIS. Elle est précise mais relativement coûteuse en traitement et en temps. Le résultat obtenu est le suivant :

Radiation globale annuelle

Ecarts de radiation globale annuelle sur cadre bâti

Il convient ensuite de fixer un seuil de radiation afin d’exclure les zones jugées trop faiblement productives pour obtenir les surfaces de toit utiles à l’exploitation PV.

 

b) La seconde méthode consiste à calculer les masques solaires les plus importants. Les calculs effectués sur 4 dates (et heures) bien choisies permettent d’identifier les masques solaires, l’objectif étant également de les soustraire.

Méthode des masques solaires

Identification des principaux masques solaires

Cette méthode fera ensuite appel à une valeur de radiation globale annuelle fournie en entrée – nous pouvons par exemple trouver ces valeurs sur le le site du Joint Research Center – Institute for Energy & Transport.

 

4 – Exploiter les résultats pour déterminer le potentiel et évaluer les réductions d’émission de gaz à effet de serre

La couche résultant de la différence entre les zones d’exclusion et le cadre bâti de départ nous servira de base au calcul de la surface utile à l’exploitation du PV.

Le calcul du résultat peut se poursuivre dans un tableur, ce qui permet de faire varier plusieurs hypothèses aisément.

Potentiel photovoltaïque - Résultats dans tableur

Calcul du potentiel de production photovoltaïque / tableur

Réduction des émissions de GES

Estimation des émissions de GES / tableur

Une exploitation cartographique des résultats est envisageable et même souhaitable.

 

Les limites connues

Cette méthodologie comporte inévitablement quelques limites :

  • La première concerne la non prise en compte des pentes de toit. Comme le montre la figure réalisée par HESPUL, le degré d’inclinaison du toit module la production des panneaux photovoltaïques. Cette donnée n’est pas connue des couches SIG standards et aucune information attributaire ne permet de la déduire. Afin de remédier à cela, la méthode que nous proposons permet une variation (globale) de la part des toits inclinés à 0° et 30°.
  • Les ombres des arbres ne sont pas prises en comptes, mais on peut estimer que peu d’entre elles ont un impact important sur les toitures.
  • La méthode de détermination de l’orientation générale des bâtiments fait l’objet de recherches académiques. Si l’algorithme utilisé est scientifiquement validé, il est également reconnu pour ne pas prendre en compte certains cas de figures complexes.

 

Collectivités, B.E., associations, …, vous êtes intéressé par cette prestation?

Vous souhaitez obtenir des renseignements complémentaires ou bien mettre en œuvre  cette méthode à l’échelle d’un territoire, contactez-nous! Nous définirons ensemble vos hypothèses de travail pour mieux satisfaire vos besoins.

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Densité bâtie à Paris, représentation 3D

Pour faire suite au précédent article traitant de la densité bâtie à Paris, je propose aujourd’hui un nouveau type de représentation faisant utilisation de la 3D de google earth. Ce type de représentation est inspiré du précédent travail de Bjørn Sandvik sur les cartes choroplèthes 3D.

Densité bâtie à Paris - représentation 3D

Densité bâtie à Paris - représentation 3D

Quelques éléments de méthodologie

Je ne reviendrai pas sur le calcul de densité, préalablement détaillé. Un export au format KML et une mise en forme des données afin de rendre compte de l’indicateur de densité comme hauteur de polygone (constituant la maille) est requis avant tout affichage.

Correction des hauteurs

Afin de rendre compte des différences de hauteur des polygones sans toutefois les exagérer à outrance, il convient de trouver un coefficient de correction en fonction de ce qui doit être représenté et du delta entre la valeur minimale et la valeur maximale de densité.

Discrétisation

Comme pour la représentation 2D, la méthode de discrétisation utilisée est celle des quintiles. Dans notre cas, choisir la même répartition permet de comparer plus aisément les deux types de représentation.

Densité bâtie aux abords du Champs de Mars - 3D

Densité bâtie aux abords du Champs de Mars - 3D

Eléments de sémiologie graphique

La définition des styles présente ici deux caractéristiques. D’abord, comme pour la carte plate, une couleur est associée à chaque quintile. En plus de cela, le rendu exploite les possibilités de google earth de modifier la valeur du canal alpha, permettant de gérer la transparence. Ainsi, plus la densité d’une maille est forte, plus sa couleur s’assombrit (sur une échelle du jaune au rouge) et plus elle est opaque afin de rendre davantage compte visuellement de son poids.

Les avantages d’une telle représentation?

Une double information visuelle

Alors que la représentation 2D indique visuellement la classe à laquelle une maille appartient, elle ne permet pas de comparer une maille à ses voisines. Ici, les différences de hauteur entre les mailles de même couleur permettent d’appréhender les différences, mêmes minimes, qui existent entre elles.

Densité bâtie à Paris - vue des bords de Seine (XIII)

Densité bâtie à Paris - vue des bords de Seine (XIII)

Balade dans la densité bâtie

Ce type de représentation offre la possibilité de naviguer au sein du paysage urbain. Dans la figure ci-dessus, nous apercevons au premier plan la Seine depuis le 13é. Puis vers l’Ouest, l’université Paris Diderot. La maille la plus haute contient la tour Montparnasse. Elle affiche une densité bâtie de 12,5.

Le fichier kml qui a permi d’effectuer les captures d’écrans présentes sur ce site est disponible sur simple demande.

Accéder à la représentation 2D

Carte de densité bâtie à Paris

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Densité bâtie à Paris (opendata)

Cet article évoque brièvement la notion de densité. Il a vocation d’introduire le travail de cartographie réalisé sur la densité bâtie à Paris et de fournir à l’utilisateur quelques éléments de compréhension complémentaires au seul indice calculé et représenté. Il ne revendique en aucun cas une quelconque exhaustivité sur les questions de densité!

Carte de densité bâtie à Paris

Définir la densité

Densité de population, densité résidentielle, densité d’emplois, densité d’activité humaine (emplois + habitants), COS, densité bâtie, …. les indicateurs servant à mesurer la densité sont multiples et répondent à des objectifs divers. Cette multiplicité est souvent la cause d’un mauvais usage, autorisant l’usage du terme densité sans même préciser ce qui est véritablement mesuré.

L’IAU a publié plusieurs notes permettant d’appréhender la notion de densité en tenant compte de ses usages. Ainsi, un professionnel de la construction sera dans l’obligation de respecter le COS défini au sein des documents d’urbanisme, la densité de population peut être utilisée pour déterminer le besoin d’équipements publics dans un quartier donné, …

Les indicateurs de densité sont souvent utilisés pour mesurer l’étalement urbain.

Densité bâtie

A la différence de la densité de logements ou la densité d’emplois, la densité bâtie ne s’intéresse pas aux usages mais à la nature même du sujet (le bâti). Elle regroupe indistinctement les emplois et les logements au sein d’une même unité : le m².

La formule de calcul est la suivante :

(emprise au sol x hauteur du bâtiment) /  surface de la zone d’étude

La densité bâtie est un indicateur basé sur l’existant et traduit, en ce sens, une réalité perçue. L’individu visitant un quartier est capable d’apprécier visuellement la hauteur et l’emprise au sol des bâtiments, et par conséquent d’avoir une idée approximative de sa densité bâtie. A l’inverse, lors de cette visite, il n’est pas en mesure d’estimer la densité d’emplois ou de logements.

Densité bâtie à Paris – données de l’opendata

L’opendata de la ville

La ville de Paris a mis à disposition du grand public et sous licence libre les données dont elle dispose. Accessibles depuis le portail opendata.paris.fr, ces données peuvent être téléchargées et utilisées par tous dans le respect de la licence ODbl.

C’est à partir des données de volumes batis et d’un maillage régulier de 100 mètres de côté que nous avons effectués les calculs de densité bâtie pour la ville de Paris. La représentation cartographique, publiée en ligne est accessible sur cette page.

Carte de densité bâtie à Paris

Résultats & éléments de réflexion

Il ne s’agit pas ici de faire une analyse détaillée de ce traitement. Néanmoins quelques remarques peuvent être faites sur les résultats d’ensembles d’abord, mais aussi sur la lecture qu’on peut en faire.

De manière générale, on observe une concentration des très fortes densités au Nord de la Seine dans la partie centrale de la ville. Cette zone correspond essentiellement aux 2é, 8é, 9é et 10é arrondissements. Au Nord Ouest, des zones assez larges de densité bâtie supérieure à 2.9 se forment. Ces quartiers présentent une densité bâtie plus homogènes que les quartiers Est et Sud de la ville, ou les variations de densité dominent. Les densités fortes et les densités moins importantes sont régulièrement distribuées spatialement.

Les résultats montrent d’ importants écarts. Cela est dû à l’échelle considérée (la ville) et au choix de partitionnement (le maillage). Le réseau routier est présent dans toute la ville et peut être considéré comme homogène en comparaison de la présence de parcs ou de la Seine qui affecte en plus grande proportion la densité d’une maille. Ainsi, des mailles contenant en grande majorité un parc ou le fleuve mais dans lesquelles au moins un bâtiment figure afficheront une densité faible. Superposé au fond de carte, ces mailles sont facilement reconnaissables.

La densité moyenne est égale à 2 mais elle est sous-évaluée compte tenu du biais détaillé ci-dessus.

Les résultats convergent avec le calcul réalisé par l’IAU IDF dans le 6é arrondissement  qui affiche une densité bâtie de 4. Cet arrondissement étant caractérisé par la présence d’immeubles haussmanniens d’une hauteur de 6 étages en moyenne avec une emprise au sol de 75 %.

Pour finir nous vous proposons de comparer la densité bâtie parisienne à quelques cas de figure : la densité bâtie d’une opération d’habitat individuel est de 0,3 environ, celle des grands ensembles de la Courneuve est de 0,75 et celle des traditionnelles « maisons de ville » est de 1 (source : IAU).

Remarque : 13 mailles (sur 8220) présentent une densité bâtie supérieure à 6. L’une d’entre elle, exorbitante, est égale à 12,5. Il ne s’agit pas d’une erreur mais de la maille contenant la tour Montparnasse (dont la superficie atteint 90 000m²).

Représentation 3D de la densité

La représentation 3D de la densité bâtie à Paris a fait l’objet d’un article détaillé illustré.

Pour aller plus loin : densité réelle et perception

Si chaque individu développe sa propre perception d’un même espace en fonction de l’environnement immédiat et de ce qui lui est propre, quelques éléments semblent être déterminants en ce qui concerne la densité perçue.

En 2003, l’APUR a réalisé une enquête comparative sur la perception de la densité dans 4 quartiers parisiens contrastés (Rochechouart [9é], La Roquette [11é], Jeanne d’Arc [13é] et Falguière [15é] avec des COS nets variant de 4.51 à 2.52). Les résultats de cette analyse montrent que la densité est perçue comme plus forte dans les 2 quartiers au COS les moins élevés. L’auteur de l’analyse explique notamment que :

la hauteur objective des bâtiments constitue un critère objectif déterminant de la perception de la densité. Plus les habitants vivent dans des immeubles hauts et plus ils ont tendance à considérer, non seulement que la hauteur des bâtiments est oppressante, mais encore qu’il y a trop de constructions dans leur quartier

Ainsi, la morphologie de l’habitat apparaît comme une composante essentielle de la perception. La figure suivante illustre des formes différentes pour une même densité de logements.

Morphologie du bâti

Morphologie du bâti et densité - source IAU-IDF

 

Ainsi lorsque sont abordées les questions de densité et de qualité de vie, où l’association densité forte – qualité de vie dégradée est a priori admise, il est indispensable de prendre en compte la morphologie de l’habitat qui sera déterminante de l’espace vécu par ses habitants (proximité sociale, animation, …).

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Linea21, les avantages du prestataire

Les collectivités territoriales montrent de plus en plus d’intérêt dans l’utilisation de Linea21 pour mener à bien leurs démarches de développement durable, quelle qu’elle soit. Empreinte urbaine a été créée pour les accompagner dans la mise en œuvre de l’application et bien que la société ait pour ambition de développer de nouvelles activités, celle-ci reste une priorité. Nous n’allons pas détailler ici ce qui nous a conduit à faire ce choix mais plutôt répondre à la question que vous devez vous poser : quels sont les avantages de recourir à un prestataire puisque Linea21 est un logiciel libre et gratuit? En voici les principaux.

Une interface métier-logiciel

Nous nous consacrons exclusivement aux démarches de territoires et sommes, de fait, familiers de leur organisation, de leur pilotage, de leur terminologie, … Cette familiarité facilite le dialogue en phase amont pour définir vos besoins et assure un déploiement de l’application en adéquation avec vos attentes.

Une installation garantie

Nous engageons notre responsabilité dans la livraison de l’application telle que nous l’avons préalablement définie ensemble. Nous nous assurons que la plateforme d’hébergement est compatible avec l’application. Vous externalisez ainsi tous les aspects techniques et pouvez concentrer vos efforts sur la démarche elle-même.

La primeur de nouvelles fonctionnalités

Vous profitez des dernières fonctionnalités de l’application. Une fois éprouvées, les nouvelles fonctionnalités sont déployées chez les clients avant même d’être intégrées au tronc de l’application, librement téléchargeable sur le site linea21.com.

Une meilleure exploitation de l’outil

Notre offre combinée de formation et support assure une bonne prise en main de l’outil ainsi qu’une assistance réactive indispensable au dynamisme et à la vitalité de la démarche. Sensibilisé à l’ensemble des fonctionnalités de l’outil, votre chargé de mission fera une utilisation accrue de l’application.

Une relation client-prestataire

La prestation de déploiement nous permet de mieux nous connaître. Vous prenez connaissance des possibilités de l’outil et nous prenons connaissance de vos besoins changeants à moyen terme. Nous pouvons ainsi envisager plus sereinement l’évolution de l’application dans le temps en fonction de l’avancement de votre démarche.

L’extension de fonctionnalités facilitée

En tant que concepteur de l’application, nous disposons d’une grande maîtrise de Linea21, tant sur le plan technique, logique et métier. Nous sommes en mesure d’évaluer précisément les besoins de développement complémentaire relatif à vos attentes et d’assurer leur mise en œuvre.

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Création de la société empreinte urbaine

Co-concepteur du logiciel libre Linea21, outil d’accompagnement et de suivi des démarches de développement durable, Simon Georget a créé Empreinte urbaine au début de l’année 2011 afin de répondre efficacement à la demande croissante de déploiement du logiciel.

Bureau d’études et de conseil, la société propose, plus largement, quatre types de prestations pour accompagner les collectivités dans leurs démarches territoriales :

Contactez-nous si vous souhaiter obtenir davantage de renseignements sur nos activités ou si vous êtes intéressé par l’un de nos services.

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